Tout près de la Charité-sur-Loire, rive gauche, existe une petite maison dite "la Blancherie". Elle est posée là, dans le lit majeur de la Loire, depuis 1840. Logement de fonction pour le cantonnier des rives, elle fut amoureusement et patiemment restaurée par ses "Amis". Aujourd'hui ce lieu - ouvert  aux adhérents de l'association - offre information sur le patrimoine ligérien et contemplation d'un site remarquable. 

Lieu de lectures, d'écriture

 

Langoureuse, langueur, longueur, largeur : au moins trois dimensions

O au milieu : lit royal, silures moustachus;

Iles improbables, soudaines, périssables et toujours appréciables

Regain de bon  grain, loin de l'ivraie, figure lointaine,

En bras mineur ou majeur, elle nous enlace sans jamais nous lasser.

Claude

 

Proposition d'écrire un "Monostique paysager", création de F. Forte (OULIPO) : écrire en une seule phrase - comme en 180° - le paysage que l'on a devant soi. Exemples de participation.

Vert, bleu, blanc... Pelouse tranquille, chevrette bondissante au large du pont et sables dorés.

La Loire clapote, rabote, croque le clocher qui se cache derrière l'arbre!

Maison sage, glissement de la Loire, vers le reflet de la cité monastique.

 

Esquisse de saules à l'encre de Chine, virgules de sternes dans le ciel gris du soir, festons à l'horizon des îles. Flaques de sable qui croule et coule, emportant ses mystères dans les eaux mauves de peur ; traits de crayon croqués sur son cours ; silence du soir déchiré par un battement d'ailes retardataires.

 

L'eau bouillonnante de la levée

la cité clunisienne

Les îlots sablonneux

Les berges humides

Les teintes des arbres, si douces à l'automne

Les ronds dans l'eau

Le bois qui flotte, saluant ses grands frères échoués sur le sable,

Les berges verdoyantes du canal qui veille sur la Loire.

Et la petite maison aux volets gris-bleu de la Blancherie, blottie  entre les deux.

Chantal G.

 

Devant la Blancherie -petite "maison du fleuve"
Devant la Blancherie -petite "maison du fleuve"

Un trésor apporté par la Loire… à vos pieds

Dans son canoë rouge, il a fière allure ; il glisse sur l’eau, à mi-distance des rives. Aucun bruit. Seul signal sonore : les tourbillons après le pont.

Des chiens batifolent dans l’eau, se prennent peut-être pour des poissons, la queue en nageoire caudale. Muets et frétillants. Eux aussi savourent les joies du bain. Hors de l’eau, la queue redevient girouette, ils s’ébrouent au grand dam de leurs maîtres qui les renvoient dans l’eau, ricochets, colifichets.

Joies paisibles, simples. Le grondement des remous fait oublier la circulation sur le pont.

Majestueuses arcades qui façonnent en arrondi le paysage. Effet de perspective pour souligner l’ovale. Ce pont connaît des histoires héritées de la nuit des temps. Il a vu la guerre, a été ardemment défendu et depuis, il vit de grands moments de langueur, faisant peu de cas des tonnes de matière qu’il a sur le dos ! Il en a vu d’autres !

Et puis il y a ses amoureux qui l’empruntent à pied, les yeux rivés sur l’en-dessous, les oreilles à l’écoute des bruits d’eau.

Les sternes strient le paysage de larges zébrures ; elles flirtent avec la surface de l’eau.

 

La «Divagante» se laisse caresser, contempler. Peu lui chaut de ne plus être navigable : elle a enfin gagné son indépendance. C’est là toute son élégance ! Merci la belle !

 

 

 

La brume quittait lentement le centre du fleuve, s'élevait en volutes lourds et humides au-dessus des verdiaux. C'était encore le petit matin, avant que la voix des hommes s'exhale en un long soupir de souffrance. A cette heure du jour, ou était-ce encore la nuit, le monde appartenait aux êtres de l'eau, à tous ces vivants sans nom, à ces oiseaux furtifs, à ces insectes hagards. Le long froissement du peuple de dessous ridait la peau de l'eau. Le froid de l'eau faisait frissonner le fleuve, granulant sa surface d'ondulations nerveuses, parfois troublées par un clac, un oiseau pêcheur ou une grenouille regagnant son logis d'herbes. La cime des arbres sur les îlots était à peine éclairée d'un rai incertain, si infime qu'on doutait de sa réalité. Le silence n'en était déjà plus un ; peu à peu le fleuve s'éveillait. Les sternes blanches dépliaient leurs ailes engourdies, au fond de leur nid, l’œil rouge à demi fermé, réveillées un instant par une faim trépidante qui leur faisait pousser de petits cris de rage. 

Des berges, comme nés des pierres, surgissaient des troupeaux bruyants de col-verts enrhumés, plongeant leurs têtes ahuries dans l'eau, fouillant la vase.

Soudain le soleil se posa sur un buisson qui dérivait lentement et le grand cri de la vie explosa sur le fleuve.

Marie-Laure

Loin du tumulte de la ville

Assez près toutefois pour ne pas l'oublier

Chercher l'ombre  ou le soleil selon l'humeur

 

Harmonie du ciel et de l'eau

Aimer s'y retrouver entre amis

Regarder fuir le courant

 

Inspirer l'air pur et vivifiant

Tenir sa feuille bien en main

Echapper à toute contrainte