A la médiathèque-La Charité-sur-Loire

Chacun écrit une liste de cinq objets à emporter sur une île déserte, passe la feuille au voisin, qui ne garde que deux éléments de la liste  : Françoise écrit son texte - munie de ses   deux "trésors" : trois petites culottes, une boîte à musique.

Voilà ! le bateau est parti!

Voilà ils m'ont largué sur cette île

Voilà y m'ont laissé prendre qu'un petit sac

Voilà mon petit sac est tombé à l'eau...

Misère je n'ai pu sauver que deux objets.

Merveille ! je suis en possession d'une boîte à musique : celle qui joue cinq airs différents et qui a une petite danseuse en tutu sur le couvercle.

Chance ! j'ai aussi récupéré trois petites culottes (que serait la femme sans ses petites culottes?)

Vite! j'en mets une toute blanche avec de la dentelle ; je choisis un air de valse sur ma boîte à musique et tourne, tourne, tourne.

Vite! je mets la deuxième : une rouge et noire avec des pois. Un tango me va bien ; je le choisis sur la boîte à musique et rêve, rêve, rêve...

je garde la troisième pour demain : une petite culotte toute simple en jean. Je mettrai sûrement un rock sur ma boîte à musique... je verrai bien!

Trois culottes et une boîte à musique, de quoi meubler quelques années de solitude.

Un jour de  mai 2013,   chez  Babette et  Eva, café-bar à la Charité-sur-loire

La séance est organisée à partir de courts extraits  de ses lectures « coups de cœur ». Chacun lit quelques phrases de son choix et propose (ou pas) une invitation à écrire (durant 10 à 15 minutes).

 

Quelques exemples.

Annie lit deux phrases extraites de  « Forêt de Sibérie », Sylvain Tesson et propose  l’inducteur suivant : « être poète et me faire rêver »

Texte de Pauline (9 ans ½) :

Pour faire l’arbre des jours, faire d’abord l’architecture d’un arbre (un chêne, un sapin, etc)

Puis le vert feuillage des feuilles et même des fleurs et la poussière du soleil ;

Ensuite les animaux autour et même les maisons, les lacs, les chemins et l’herbe ;

Enfin le temps de tous les jours ;

Et en option, l’arbre de tous les jours.

 

Jean lit un extrait de la revue « l’âge de faire »

Le changement c’est maintenant, dit-il d’une voix claire.

Ok mais c’est où le changement ? à droite ? à gauche,

Non là, en face de toi !

Mais là c’est une impasse !

Eh ben, justement ! tu y es ! Courage !

 

Pauline rapporte une phrase lue sur les murs à la Charité : " J’ai vu deux personnes sous la pluie, elles parlaient à mots couverts". Elle écrit : 

L’escargot a une antenne sur lui-même et sur sa maison.

La limace, elle, préfère se limer les ongles et jouer aux as.

Et ils sont de bons amis.

La limace, créatrice de beauté, est joueuse et l’escargot, plutôt électricien.

Ils habitent dans un pays pas très couvert.

 

L’escargot glisse sur le bitume frais, rencontre la salamandre à peine éclose. Il s’émerveille de ses couleurs de feu… et plus tard, beaucoup plus tard, de l’autre côté du talus, quand il retrouve la limace, il lui conte ce jaune d’or, annonciateur des couleurs de l’été. L’escargot rentre dans sa coquille pour rêver tout son saoul : rien ne l’en fera sortir de sitôt…

La vie c’est sacré ; La vie rêvée c’est beaucoup moins risqué que la traversée de la chaussée.

Claude