Des formes courtes...du type haïku :

Pluie en giboulée

Sur le jasmin qui s'éploie

En paniculée.

Monique

 

Haïkus collectifs  (feuille tournante)

Les sables dorés

Les vagues démesurées

C'est la vie rêvée

 

L'amour est aveugle

L'homme sans regard se plaint

Gare à la chute 

 

Ecrire un verre, pourquoi pas le boire 

A la santé?

Santé, mon frère!

 

Et puis les inénarrables cadavres exquis, dont la structure se déploie à l'infini : 

C'est parce que les dimanches sont calmes / que le vent a frappé à la porte ce matin...

C'est parce que les hommes ne comprennent pas toujours les femmes  / que l'hiver est si rude cette année.

Ce n'est pas parce que l'on tombe amoureux des étoiles /  que l'on récoltera beaucoup de légumes cette année.

Comment fait-on les enfants? / en prononçant trois fois le mot "lune".

Comment faire durer son mariage? / en se badigeonnant le corps de miel.

Comment placer 10 000 dollars?  / en commandant un martini.

Pourquoi les poissons vivent-ils dans l'eau ? / parce que les citoyens ne vont plus voter.

Pourquoi sommes-nous neuf ce soir? / parce qu'Antoine ne s'est pas fait couper les cheveux.

 

Encore des  cadavres... plus exquis que jamais, écrits  lors d'un atelier consacré à la gourmandise, dégustation (meringues-maison) à l'appui :

Si j'étais un clafoutis bleu-blanc-rouge / tu serais mon ananas givré / et alors je descendrais de ma pièce montée / au final tu te paierais une tête-de-nègre avec des bisous partout.

Si j'étais une langue de chat / tu trônerais dans la vitrine du boulanger / alors  le dentiste te ferait de grands sourires / au final ton périple se terminerait Rue saint Honoré.